Le changement, ou la naissance d’un commis créateur

Conduire le changement - Résistance au changementVous avez certainement entendu parler de cette histoire, révoltante, d’un homme qu’on remercie après 20 ans de bons et loyaux services. Il a 50 ans, une femme, 3 enfants, et tout ce qu’on trouve à lui dire, c’est : « Ne vous plaignez pas. Vous partez avec de bonnes indemnités. ».

Quelle honte ! Voilà un homme qui se retrouve, du jour au lendemain, rejeté comme un outil rouillé, inutile, au rebut. J’ose à peine imaginer ce qui a pu se passer dans sa tête lorsqu’on lui a remis son enveloppe et le petit carton dans lequel on avait entassé ses affaires personnelles. Les pensées les plus noires ont sans aucun doute traversé son esprit tétanisé par le choc. Allait-il seulement pouvoir se relever ? Ne valait-il pas mieux en finir une fois pour toutes ? Quel gâchis !

De telles histoires nous rappellent à quel point la vie est bâtie sur du sable. A quel point tout ce qu’on a pu passer une vie à construire peut s’écrouler sur un simple caprice du destin. A quel point la société inhumaine et cruelle où nous vivons broie sans pitié tous ceux qui, pourtant, par leurs larmes et leur sueur, ont contribué à l’édifier ! A quel point …

Pardon ? Vous voulez savoir ce que cet homme est devenu ? Vraiment ? …

Eh bien, après avoir ouvert son enveloppe et compté ses sous, il s’est dit : « Pourquoi pas ? »

Pourquoi ne pas entreprendre ces études de musicothérapie auxquelles il songeait depuis si longtemps ? Et c’est ce qu’il fit.

Pourquoi ne pas s’interroger sur le sens qu’il voulait donner à sa vie, au-delà d’un poste, d’un statut, d’un salaire ? Et c’est ce qu’il fit.

Pourquoi ne pas développer un talent endormi pour le mettre au service d’un projet qui dépasserait la seule satisfaction de ses envies ? Et c’est ce qu’il fit.

Alors, à 50 ans passés, notre homme s’est retrouvé sur les bancs de l’école, où il a retrouvé le goût d’apprendre. Pas facile tous les jours, bien sûr, mais tellement plus épanouissant que la répétition mécanique d’une activité vidée de toute passion.

Les livres se sont rouverts, les instruments sont sortis de leurs housses, la maison a retentit de bruits nouveaux. D’abord bousculés, sa femme, ses enfants aussi, tous ont été stimulés par cette énergie imprévue, ce courage dénué d’austérité et, surtout, cette joie de vivre toute neuve.

Et quelques années plus tard, lorsque les indemnités furent complètement épuisées, notre homme, ému, reçut son diplôme de musicothérapeuthe des mains d’un recteur attendri.

Il ouvrit l’enveloppe, regarda ses notes avec une fierté non dissimulée et se dit : « Pourquoi pas ? »

« Pourquoi ne commencerais-je pas tout de suite à faire profiter d’autres, moins chanceux que moi, de mon nouveau métier ? Pourquoi n’irais-je pas apporter un peu de plaisir, de joie, de créativité à ces vieux sans mémoire qui se cognent à longueur de journée contre les meubles sans âme de maisons aseptisées ? »

Et c’est ce qu’il fait.  Et ça les rend joyeux. Et ça le rend heureux.

Vous ne trouvez pas que cette histoire est révoltante ?

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Commentaires

  1. par Chantal12

    Croire en ses rêves et ses compétences ! Merci pour cette belle histoire !

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