Histoire d’une RQTH (pas) comme les autres

RQTH-handicapEn cette semaine du handicap, j’ai envie de partager mon expérience, de témoigner que le handicap n’est pas une évidence même pour les personnes les plus concernées.

Avec le handicap non visible de surcroit. Mais par où commencer ?

Par ma première entorse du genou ? Non, c’était il y a 23 ans et ce serait peut-être un peu long.  (Et puis j’en ai un peu marre de raconter la genèse…)

Par l’envoi de mon dossier de demande à la MDPH ? Bof… pas très sexy, même si l’envoi était un vrai premier pas et l’aboutissement d’un premier processus.

Par le 17 septembre, quand j’ai reçu le courrier de RQTH ? Ce serait un peu réducteur…

En fait, c’est ici et maintenant que je vais commencer.

Mon premier message, c’est que la résistance à se faire reconnaître son handicap n’est pas uniquement liée à la peur des a priori des autres. C’est aussi un processus individuel, long, qui touche à notre propre image, à l’acceptation que NON, je ne peux pas faire ce que tous peuvent faire et que OUI, je souffre trop souvent et en silence (dans mes déplacements professionnels, par exemple dans mon cas).

Le fait de travailler pour Théâtre à la Carte depuis 8 ans a heureusement contribué à annihiler mes a priori sur le handicap (1ère étape). Une de mes collègues ayant elle aussi entamé les démarches m’avait confié ses difficultés d’acceptation personnelle… de sa maladie et des répercussions concrètes son image d’elle même, vis-à-vis d’elle, mais aussi vis-à-vis de la société.

Finalement, c’est surtout ma rhumatologue qui, en évaluant mes capacités de moins en moins bonnes, m’a ouvert les yeux.

C’est à elle que j’ai enfin osé demander de remplir le formulaire de demande de RQTH… après 23 ans de galères et de compensations.

Aujourd’hui, mon chirurgien me dit que je suis trop jeune pour une prothèse totale du genou, mais il me conseille en même temps une canne pour soulager ce même genou évalué à 90 ans (j’en ai 41 !). Quand je vous parle d’acceptation et d’image…

En serai-je là si j’avais fait mes démarches avant ?

Je ne crois pas car je me sens aujourd’hui autorisée à dire que je suis fatiguée de marcher au delà de 45 minutes, que les escaliers et la station debout me sont pénibles, que j’ai besoin d’aménagements pour poursuivre dans ma profession.

 Rien ne change pourtant ! Je suis toujours chargée de projets comme c’est le cas depuis 8 ans. La seule chose qui change, c’est l’accord entre ma tête et mon corps : les deux sont raccord ! (Pour cela, la CNV m’a été d’une grande utilité, mais j’en parlerai dans un autre article.)

Mon dernier message est le suivant : Plus vous tardez à reconnaître vous-même votre handicap, plus il risque de s’aggraver.

Et moins le handicap est reconnu, plus il se fait reconnaître ! En clair « Qui veut aller loin, ménage sa monture ». C’est ce que j’ai fait en demandant ma RQTH.

 Le 17 septembre, quand j’ai reçu le courrier établissant ma Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé pour 4 ans, j’ai crié « YES ! ».

Enfin, pour mon genou, le JE était reconnu par le NOUS… et je peux aller de l’avant !

Au moment de conclure cet article, je m’interroge : « Dois-je signer cet article ? » A vous de me dire ce que vous en pensez…

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Commentaires

  1. par Sophie L

    Merci cher(e)s collègues de vos retours et de toutes ces chaises tendues.
    Cela m’amène à me dire que finalement le plus dur c’est avant d’officialiser les choses… un peu comme les premiers mois d’une grossesse : t’es malade, mais tu peux rien dire parce que c’est trop tôt et puis tu l’annonces et tout le monde te viens en aide…

  2. par Lauwette77

    Merci Sophie pour ton témoignage. Mais surtout Bravo. RQTH = Reconnaissance de Qualité de travailleur Heureux !

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